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 Le livre du mort

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Blaze Rouchukkai

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MessageSujet: Le livre du mort   Mer 22 Fév - 14:58

Journal trouvé sur un corps et gardé comme pièce à conviction par les services spéciaux du village.

Chapitre I

L’air était lourd et la luminosité du soleil écrasante en ce début
d’automne. Le chemin campagnard mettait mes pieds à rude épreuve et à
cela s’ajoutait la durée excessive de ma marche qui n’avait cessé
d’augmenter suite à certains chemins impétueux qui n’avaient dédaigné me
prendre en pitié. Je me posais afin de reprendre mon souffle tout en
comparant mon sort à Sisyphe. Avait-il des chaussures pour monter sa
pierre en haut de la montagne ? Cela aurait-il réellement influencé la
condition immuable et douloureuse de son destin ? Je repartais confiant
et heureux de ma condition humaine.

Cela faisait 6 jours que j’avais quitté ma petite métairie, je ne
saurais vous précisez mieux sa position qu’en vous disant qu’elle se
situait à 50 lieux de la forêt rouge en direction de là où le soleil
prend congé de ses fonctions, coincée entre deux petites collines,
bercée par le vent qui s’y engouffrait le soir pour veiller sur moi. Je
sais c’est vague, et vous auriez préféré une carte détaillée de ses
environs. Mais la vérité…est que j’ignore tout, jusqu’à même l’existence
de l’Etat qui l’englobait.

Pourquoi avoir quitté ce paradis me direz-vous ? Je ne le sais guère
moi-même, en tout cas pas poussé par un désir d’une autre vie ! Car pour
désirer il faut avant tout savoir quoi souhaiter et moi qui n’est
jamais vu autre chose que ma petite prairie je ne désire rien. Je me
l’expliquerais davantage comme une volonté farouche à voyager, à
m’évader de la monotonie même si celle-ci est paradisiaque.

Je partais donc en direction de Taki une ville souvent évoqué dans les
discussions avec mes rares voisins. Une ville intrigante en tout point.
Je me guidais à l’aide des différentes instructions que le peu de
voyageurs que j’avais croisé m’avait confié. Une nation érigée dans les
nuages selon les discours qui m’en ont été fait. Alors que je me
désaltérais à proximité d’une rivière j’aperçu à contre-jour un
mouvement des feuilles d’un vieil arbre à l’agonie en cette saison. Puis
aussi rapidement que la pluie détruit les champs durant les moissons,
deux ombres surgirent, en sautillant tel le lièvre, avant de s’arrêter
devant moi.

- Paysan as-tu vu cet homme ?
Le contre-jour m’éblouissait et je fronçais les sourcils pour identifier ce qui me faisait face.
- Pourriez-vous me dire si je suis encore loin de Taki ?
- Nous sommes les forces spéciales de Taki, mais toute autre information ne peut être divulguée aux étrangers.
L’autre s’impatientant avança en repoussant son collège et haussa le ton :
- Nous ne sommes pas des guides, dit-nous simplement si tu as aperçu cet homme dans les environs.
Il me tendit une affiche que je m’empressais d’interposer entre leurs
deux masques terrifiant et mon regard. Une image figée de la réalité
présentait un homme au milieu d’une foule, aux cheveux noirs, portant un
kimono rouge et un sabre. L’homme sur l’image avait l’air de ne pas
savoir qu’il était suivi. Je grattais le papier de mon ongle comme pour
en détacher le prisonnier, sans succès.
- Il a également un tatouage d’ailes dans le dos qu’il ne montre pas
souvent, on prétend qu’il arpente cette forêt depuis quelques jours.
Je continuais à froncer les sourcils puis d’un air convaincu et déterminé je leur posais mon inquiétude.
- Comment avez-vous rendu cet homme aussi petit et plat ? Et pourquoi il ne bouge pas ?
J’achevais mes deux interlocuteurs de désespoir.
- Viens ! Tu vois bien qu’il nous est aussi utile qu’une bougie allumée le jour.
Je leur rendais l’homme plat, ou plutôt on me l’arracha des mains avant de me mettre en garde.
- Cet homme est suspecté d’avoir intégré il y a neuf mois un groupe
secret et illégal composé de malfaiteurs. Cette organisation ne nous
inquiétait nullement, mais elle a pris beaucoup d’ampleur et nous
cherchons désormais à y mettre un terme. Ils ne sont pas à prendre à la
légère, particulièrement ce personnage qui semble avoir adopté un
comportement dangereux avec le temps…Prenez soin de vous,
Il me mit la main sur l’épaule.
- Hohoho ! Mais on ne craint plus rien ! Maintenant que vous l’avez attrapé avec votre papier immobilisant.
Le plus grand soupira avant de s’éclipser comme il était venu,
c’est-à-dire en m’insultant. L’autre me fit ses adieux en me tapotant
sur l’épaule à trois reprises.

Je restais seul avec mes pensées et mes questions.
- Diable ! Que ce monde est étrange.
Après de veine et ridicules tentatives pour imiter leurs mouvements
furtifs. Soudain se dressa devant moi un inconnu que je n’avais pas vu
venir.
Puis en riant, il me dit :
- Qu’êtes-vous donc en train de faire ?
- Je cherche à comprendre les mystères qui entourent ce monde.
- Comme celui-là ?
L’inconnu se dirigea près de la rivière et marche sur l’eau.
- Diable ! Comment exécutez-vous cette prouesse ?
Son éclat de rire entama le pas à sa prochaine phrase :
- Je crois deviner que vous ne venez pas de chez nous, dites-moi mon
brave, me dit-il en reposant un de ses bras derrière sa tête, que vous
voulaient donc ces deux hommes ?
Je sortais une pipe et l’allumais.
- Eh bien…Ils voulaient m’avertir qu’il avait captu…Mais ! Attendez…Ma parole c’est vous !
Je me grattais ma volumineuse barbe. C’était bien lui, ce regard doux et
vert et ces cheveux noirs, la tenue n’était cependant pas la même, le
kimono rouge avait laissé place à du bleu saphir. Une capuche dans le
dos d’où partait deux bandes d’or véritable qui scintillait de mille
feux.
- Comment êtes-vous sorti de cette prison plate ?!
- Disons que ce n’était pas vraiment moi.
Remarquant mon air méfiant et ma pipe, il sortit une pipe en bois, de l’hêtre très pur et sombre à la fois.
- Que vous on-t-il dit ? Il alluma sa pipe en crachant du feu dessus. Ce monde ne cessait de m’émerveillé de minute en minute.
- Ils m’ont demandé si je vous avais croisé et m’ont dressé, par ailleurs, un portrait de vous peu glorieux, mon jeune ami.
Il baisse les yeux et eut le regard morne dès la fin de ma phrase :
- Je vois…
Il souffla sa fumée en l’air puis ferma les yeux. Je continuais sur ma lancée :
- Sont-ils à votre recherche ?
- Indubitablement.
- Pourquoi les suivez-vous alors ?
Il sourit :
- Quand on cherche quelque chose on ne pense jamais à regarder là où l’on vient de vérifier non ? Car ça n’aurait aucun sens.
Subodorant qu’il allait partir à la manière des deux hommes, je me hâtais de lui poser une dernière question :
- Attendez… ! Pourriez-vous me dire où se situe Kumo ?
- Vous êtes vraiment un singulier personnage, dit-il en riant. Suivez cette rivière.
Et sans d’autre précision, il me salua par respect à mon égard avant de suivre le chemin de ces deux diables masqués !

Je m’essayais à la marche sur l’eau sans plus de succès. Mouillé, je
choisissais de continuer mon chemin sur la rivière en cette chaude
journée d’automne. Je sentais le courant s’accentuer au fil du temps
jusqu’à ce que j’entrevoie à l’horizon l’épilogue de mon voyage. La
rivière était devenue cascade, et Taki se dressait en contrebas,
majestueuse, entourée de cinq cascades dont la plus petite était celle
sur laquelle je me trouvais. L’eau s’écrasant en contrebas créait une
brume, légère et évanescente du centre vers l’extérieur, qui se
déplaçait aléatoirement par diffusion.
- C’est plus grand que je ne l’avais prévu. Mais on m’a menti !,
pestai-je. Ce n’est pas la ville qui est dans les nuages, mais bien les
nuages qui sont en la ville.

Chapitre II

Les ruelles que j’arpentais étaient bondées de personne de tout âge, se
bousculant sans le moindre remords. Il était clair que cette grande
ville n’avait pas été conçue, bien son immensité, pour accueillir ce que
le gouvernement considérait comme les déchets de la société. Les
victimes de la guerre qui se jouaient en ce-moment même aux frontières
du pays. Partout des affiches de propagande soutenaient, en galvanisant
les troupes, de prendre les armes. Bien sûr, les citoyens victimes de
ces combats migraient, soit par nécessité soit par obligation, rester
étant davantage de l’ordre du suicide. La ville était donc confrontée à
un exode massive, une surpopulation à laquelle le gouvernement de crise
cru bon de répondre en établissant des quartiers de réfugiés au sein
Taki. La guerre ne cessant, l’exode fit de même, et les quartiers
dissipés commencèrent à germer et fleurir de part et d’autres de la
ville, en grignotant toujours davantage le territoire qui leur était
attribué.
Je me retrouvais donc au sein de cette foule animée et énergique,
emporté par le flot général. Et je vaguais dans la ville sans
destination précise me laissant entraîner par le courant. La misère et
l’austérité s’étaient faites maîtres du quartier. Des voleurs
parcouraient les villes, de même que les escrocs et arnaqueurs n’en
menaient pas de large pour amadouer les étrangers. On me fit à trois les
poches et de façon peu discrète. Cela m’était égal puisque je ne
possédais aucune richesse sur moi qui m’aurait valu la peine de me
prendre un coup de couteau. Des échoppes diverses bordaient les rues, en
appâtant le client miracle. Qu’espérait-il vendre à ceux qui n’ont rien
? Je m’intriguais et me rapprochais d’une épicerie locale. Après un
rude marchandage, je troquais une bague d’argent que j’avais sur moi
contre un paquet de biscuits.
Le marchand m’assura que l’échange était paritaire.
J’ouvris la boite…elle était vide.
C’est sûr, on ne peut vivre entourer d’escroc qu’en étant escroc soi-même.
Après une négociation infructueuse pour récupérer ma chevalière, je
quittais l’échoppe. Je pouvais constater en direct l’art de ces voleurs
sur un jeune homme en kimono bleu et…mais c’était lui ! Il m’avait
indiqué le chemin de Taki et s’y trouvait également !
Le voleur s’enfuit avec la bourse de mon bon-samaritain. Puis soudain,
par un mystérieux pouvoir qui émoustille mon fanatisme pour ce monde,
il apparut devant le fuyard et lui asséna un coup pour le désorienté. La
foule s’écarta et un cercle s’établissant les engloba. Je jouais des
coudes pour me rapprocher. Le malpropre tomba à la renverse sur son
derrière déjà sal. Eberlué, il affichait un visage qui paraissait avoir
50 ans, lui qui n’en avait que 35.
Mon jeune ami, car je le considérais dorénavant comme un ami, eu l’air
surpris en constatant que ce n’était qu’un voleur de ruelle. Il
s’attendait probablement à quelqu’un d’autre.
- C’est la deuxième fois cette semaine que tu me voles scélérat !
Le répugnant le regarda d’un air vaincu.
- Que veux-tu…j’ai tout perdu, ma maison a été détruite, ma famille m’a
suivi dans la misère. Je n’ai que mon sang sur ta lame à t’offrir, dit
en en remarquant le fourreau. Mais…je t’en prie ne le fais pas.
Mon ami le regardait et semblait plongé au plus profond de ses pensées.
La main tendu en avant après avoir récupérer sa bourse. Ses yeux
passèrent successivement de sa bourse, à la foule pour terminer sur le
misérable.
- Ma vengeance sera le pardon.
Il jeta sa bourse d’un geste souple, elle atterrit dans les mains du pauvre encore à terre.
La foule reprit ses droits et je perdais mon ami de vue.

Chapitre III

Toute cette eau qui s’engouffrait dans ce creux du monde, elle semblait
s’y engouffrer pour y disparaître. J’appris plus tard qu’à, ce que les
gens appellent l’ « Ouest », une grotte emportait toute l’eau encore
plus profondément dans les entrailles de la terre. Le soir tombait sur
la ville et le flot m’avait transporté sur les berges d’un lac naturel
aux côtes de la ville. Alors que je me posais dans cet endroit qui était
le premier à ne pas transpirer la misère. En face de moi se dressait
une falaise escarpée. J’aperçus à son sommet un homme dont les habits
sombre se confondaient avec la forêt en arrière-plan. Il enleva son
habit qu’il jeta à terre, je restais là stupéfait, m’interrogeant sur la
probabilité d’un possible saut de sa part. Dans ce monde rien n’est
impossible. Ca y est ! Il a sauté ! Mais il va se tuer ! Non, après une
vrille il se retrouve droit et soudain semble glisser sur l’air.
L’athlète surf maintenant à la surface de l’eau jusqu’à se laisser
ingurgiter par le lac à cent mètres de moi. Il refait surface dos à moi
et j’aperçois son dos, marqué par deux ailes.
- Mais c’est mon guide ! Hé ho ! Youhou !
Je gesticulais pour attirer son attention. Il se retourna, mais je ne
reconnues pas mon ami. Ses yeux verts luisait dans le noir tel des
émeraudes, ses cheveux mouillés tombait en arrière et narguait la
gravité de l’eau. Ses traits de visage semblaient cependant très vides,
puis à mesure que je le fixais, mon regard peinait à se détacher du sien
et la terreur me gagnais sans raison, ce visage se rapprochais de moi
et ses traits était de moins en moins humain. Mon cœur s’accéléra à me
donner des palpitations jusqu’à des capillaires qui n’étaient plus
irrigués depuis des années. J’étais à cent mètre et j’apercevais
pourtant ses pupilles se rétracter. Je clignais des yeux avec peine, la
scène n’avait duré que quelques millisecondes. Puis lorsque mes yeux se
rouvrir mon ami me faisait un signe de la main. Il m’avait également
reconnu.
- Que faites-vous là ?, lui dis-je après des embrassades fortuites.
- Je n’en sais rien, il m’arrive de me laisser porter par…
- Ah par la foule comme moi !?
Il éclata de rire, j’aimais ce petit, je le considérais un peu comme mon
fils, même si je n’en avais jamais eu, peut-être me considérait-il
comme un père ? Baliverne…il n’y a qu’un vieux fou qui peut croire avoir
tissé des liens si étroits au bout de deux rencontres. Je lui racontais
le but sans but de mon voyage, il me laissait un peu plus rentrer dans
son monde.
- Je m’appelle Angelious. Je réside actuellement ici pour accomplir la tâche qui m’a été confié..
- Angelious ? Quel beau prénom, est-ce commun ici ? Qui vous a donné cette tâche ?
Il enjambait la question concernant son prénom qu’il trouvât peut-être sans intérêt.
- Je fais partie d’une…je ne devrais pas trop parler. Dit-il d’un ton gêné.
- Allons ! On peut tout se dire, on est ami après tout !
Il me sourit.
- Cette une organisation qui lutte contre cette guerre. Mais un an plus
tard il n’y a guère eu de progrès, dit-il en se retournant vers une
ruelle engagé au sein du smog, dans lequel on distinguait la foule.
- En parlant de ça, je vous ai vu cet après-midi, avec ce bandit…Je
marquais un temps d’arrêt. Pourquoi lui avez-vous accordé votre pardon ?

Il se posa et regarda le sol, puis en croisant les mains il me dit :
- Celui qui demande pardon est déjà dans une certaine mesure un autre. Alors à qui pardonne-t-on ? Et Quoi ?
- C’est parler avec beaucoup de sagesse, vous me plaisez bien !, le tapant sur l’épaule.
Il se frotta la tête, embarrassé, et je remarquais ses ailes plate dans le dos.
- D’où vous viennent-elles ?
- Oh ça ? Il passa une main sur l’aile gauche. Et bien je ne le sais pas
moi-même. Je repris connaissance après mettre fait foudroyer et elles
étaient là.
Je repensais à ce que me disais ces deux démons masqués, qu’elles
étaient rares à apercevoir. Je me sentais soudain privilégié et plein de
fierté, puis je pensais également à leurs mises en garde.
- Pourquoi êtes-vous recherché ?
- Ceux qui vont à contre-courant se font remarquer et s’ils gênent le trafic on les exécute.
- Bigre! J’ai bien fait de me laisser faire par la foule alors !

Au milieu d’un éclat de rire il me glissa :
- Oui vous avez bien fait ! Vous n’êtes vraiment pas banal, le savez-vous ?
Nous marchâmes un peu à l’écart des « Quartiers » puis nous nous quittâmes après des adieux très succincts.
A l’horizon je le vis qui mettait sa capuche, c’était la première fois
qu’il la mettait depuis que je le voyais. Un jour seulement me
direz-vous ! Et alors ? Une éternité pour moi. .

Chapitre IV

Cela faisait deux semaines que je résidais à Taki selon mon ami. Nous
nous voyions souvent bien que ses obligations le rendaient absent durant
des heures. Cependant, de nombreuses anecdotes étranges eurent lieu en
sa compagnie. Je me rappelle notamment d’une fois, où alors que nous
parlions de ces différentes missions pour son organisation, il s’arrêta
brusquement dans sa thèse et j’entendis une voix fantomatique me dire:
- C’est ta dernière chance
Puis alors que je lui demandais de répéter sa dernière phrase, il fut pris d’une migraine et s’assit aussitôt.
Une autre fois alors que nous marchandions avec un énième escroc, il le
saisit brusquement et sortis son sabre qui lui mis sous la gorge. Je lui
préconisais de le lâcher, mais un sourire se démarqua sur son visage.
Jamais je n’avais récupérer aussi vite mon argent. A la sortie il eut
rire désagréable, presque sinistre incompréhensible dans cette
situation. Le lendemain je ne le croisai pas.

Je comptais quitter Taki d’ici peu et je restais sur un sentiment
d’insatisfaction quand à tout ce que j’avais encore à apprendre de ce
monde…ou plutôt de mon ami.

Chapitre V

Je marchais en ce soir dans les rues à la limite des Quartiers, là où la
foule se juxtapose aux citoyens authentiques. Mais ce soir-là, ou
plutôt ce matin-là, selon que l’on considère 3 heures comme le soir ou
le matin, les rues étaient calmes. J’avais découvert l’éclairage des
villes, mais pour des raisons économiques, celui-ci ne marchait que tard
le matin et tôt le soir. Cherchez l’erreur…Je vagabondais donc dans la
brume nocturne qui berce la ville, quand tous les opprimés sont
dorlotés par leurs rêves avant de se réveiller dans leur couchette
insalubre, que les plus téméraires cherchent les derniers fruits de
leurs labeurs plantés à même le sol. Une ombre ! Je tourne la tête
j’aperçois un homme avec une capuche qui vient de bifurquer dans le
carrefour voisin. Je le suis, il me perd dans les ruelles, je le
retrouve, il disparait. Finalement, j’arrive à le filer sans qu’il se
soustraie à mon regard. Il ne m’apparait que de dos ou de profil
pourtant je le reconnais aisément. Normal…je viens je passer deux
semaines en sa compagnie. Je reconnaitrais ce kimono bleu même ternis
par la rosée à deux cents mètres. Il n’y en avait pas deux pareils aux
environs. Ses deux bandes dorés transcendaient l’opacité blanchâtre de
l’air et me sciait littéralement la rétine. Devant lui une ombre se
déplaçait mais je ne pouvais la distinguer, mon ami la poursuivait en
marchant. Des gémissements se firent soudain entendre alors que je
l’avais perdu de vue à l’angle d’une impasse d’un quartier malfamé, je
glissais mon visage dans le coin, j’eus juste le temps de reconnaître
cette ombre sans visage. Le sale voleur était agenouillé les mains
croisées devant Angelious. Cette vision me glaça le sang et je retirais
mon visage pour laisser mes oreilles prendre le relais.
- C’était il y a deux semaines ! Crois moi je ne l’ai plus ton argent.
Un coup se fit entendre et le voleur gémit.
- Pourquoi me fais-tu ça ? C’est toi que me l’a donné de bonne grâce, sa
voix se fit soudain plus restreinte comme si ce dernier ne pouvait plus
respirer. Ne m’avais-tu pas pardonné ?
Un silence régna alors que j’entendais encore l’homme en détresse se
battre pour respirer. Puis une voix grave et inhumaine se fit entendre,
une voix que je n’avais jamais entendue auparavant, si cruelle et
glaciale qu’un frison se propagea le long de ma colonne vertébrale.
- Le pardon…est la plus belle des choses, mais la vengeance est tellement plus satisfaisante.
- Je t’en supplie, avec l’argent que tu m’as donné j’ai pu trouver un
petit travail assez honnête, ce n’est certes pas le grand luxe, mais je
vais enfin pouvoir sortir de la misère ma famille, je pourrais même te
rembourser ce que je te dois. J’ai commis des erreurs, ne me jette pas
l’anathème.
Mon cœur battait jusqu’à mes temps alors que le supplice de l’homme ne
trouvait de terme. Enfin, cet être prononça sa dernière phrase, comme
pour en savourer chaque instant.
- L’erreur est humaine…le pardon quant à lui divin.
Un gémissement sourd se fit entendre alors que le miséreux expirait son
dernier souffle, tranché par un bruit de liquide glissant sur le sol.
L’eau épaisse et noirâtre dépassait l’angle de la ruelle et je le
touchais de mes doigts par inadvertance. Chaud et épais, je tournais la
tête, de nouveaux sons s’invitaient à mon oreille. Le bruit de la lame
rentrant dans la chair, encore et encore, à n’en plus finir. J’abdiquais
à ma pulsion et rentrait dans la ruelle pour me persuader que tout ceci
ne relevait que du fantasme, un travail de mon imagination mortifère.
En face de moi, un monstre transperçait de part en part la carcasse
inanimée d’un pauvre voleur de bas-échelle reconverti. J’apercevais le
sourire en coin, moqueur et sournois, du moins je l’imaginais et m’en
persuadais. Je dû émettre une exclamation à la vue de ce tableau
horrifique, puisque cette chose…qui n’était pas mon ami s’arrêta et
laissa tomber le corps au sol, avant de tourner sa tête lentement pour
m’identifier. Ce n’était pas un sourire qu’il affichait, mais bien pire,
une mine dépourvu de toute expression; sans haine sans joie, sans
regret et sans jouissance. Ses yeux verts me transpercèrent alors que
son corps pivotait pour me faire face. La scène se figea, puis un
mouvement de jambe vint rompre la parfaite harmonie de l’instant.
J’étais figé, son regard me tétanisait. Ses yeux vous avalaient avant de
vous digérer pour vous casser de l’intérieur. Tant le caractère
inhumain associé à un corps humain venait vous rompre la cervelle pour
l’étaler joyeusement sur une toile. C’était cette chose que j’avais vu
au lac, et probablement croisé à maintes reprises sans m’en rendre
compte. Mes réflexes pupillaires m’avaient abandonnés, et je laissais
échapper deux larmes pour tenter d’hydrater mes yeux qui vinrent
s’écraser sur sa lame.
Un rire machiavélique sorti de cette bouche angélique.
J’eux l’impression désagréable que ses pupilles disparurent complètement
au moment où sa lame me pénétra. Je la sentis me déchirer, puis il fit
pression afin de la faire descendre de cinq centimètres supplémentaires.
Je tombais, ressentant l’insoutenable douleur lorsque l’épée s’extirpa de moi. Le sol dur et froid me prit dans ses bras.

Chapitre VI

Je fus retrouvé quatre heures plus tard inconscient dans ma marre de
sang. On me promulgua les soins d’urgences par les pouvoirs de ce monde.
Je survécu…le voleur lui, ne put même pas être identifié par sa
famille.
Aujourd’hui je ne dors plus, mes nuits ne sont que tourments royaume de
l’angoisse immuable à mes souvenirs. Pour combler le temps j’écris ce
requiem, car je sais que ma fin est proche. Le temps n’est pas avec moi,
pas plus qu’il ne la jamais été et je sais, je suis persuadé qu’à
travers cette fenêtre, quelque part, il me guette. Son regard me
transperce de nouveau, à chaque reprise pour m’infliger d’autres
blessures et exalter ma douleur. Il hante mes cauchemars. Angelious,
objet de ma curiosité morbide et de mes craintes devenues phobie me
fascine et ne me quitte plus. Inhumain, tant par son coté angélique que
bestial. Ma terreur atteint son apogée quand cette question submerge mon
inconscient.
Est-il lui-même victime de cette « chose » ou est-il cette chose ?


Je ne regrette rien et si tout était à refaire, je m’exécuterais sans me
plaindre, car je suis convaincu que Sisyphe est heureux.

Galoni Sue

Le 12 Novembre 1***
*Date non déchiffrable suite à une rature



L’infirmière arriva le matin comme chaque jour, se changea, pris son
café et lu son journal. L’horloge sonna 8 heures. Elle parcourut sa
feuille et partit voir la chambre de son premier patient. Sur son
dossier il était marqué que le malade souffrait de trouble du sommeil,
d’hallucination ainsi que de délire paranoïaque. Elle ouvrit la porte,
puis le rideau. Elle s’arrêta, referma le rideau regarda l’heure à
nouveau avant de sortir. Le vieil homme avait les yeux ouvert et tenait
son bouquin fermement entre ses bras. L’infirmière remonta le couloir
avant de croiser sa collègue.
- Préviens la morgue, Mr.Galoni est mort ce-matin, qu’ils viennent prendre son corps et son livre
- Son livre ?
- Oh ! Surement encore un ancêtre qui crois que ses mémoires intéresseront quelqu’un.

Le voyageur avait résisté 7 jours, jusqu’à ce que l’absence prolongée de
sommeil l’achève, c’est du moins, la thèse officielle qui fut retenue.





La vérité s'écrit dans le sang...encore chaud de la victime agonisant

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